La nuit des 279 morts : L’ombre des services secrets dans les attentats de Sri-Lanka (2019)
Le 21 avril 2019, jour de Pâques, un groupe islamiste local a déclenché une série d’attentats meurtriers à Colombo. Cinq églises et trois hôtels de luxe ont été ciblées par des kamikazes appartenant au réseau National Thowheeth Jama’ath (NTJ). Plus de 279 personnes, dont 45 étrangers, y ont perdu la vie, marquant un tournant profond pour le pays.
Une enquête judiciaire menée sur cinq ans a révélé que des responsables du renseignement sri-lankais étaient impliqués dans la préparation des attaques. Après une procédure complexe avec plus de 23 000 chefs d’accusation, 15 individus ont été condamnés à des peines allant jusqu’à 260 ans de prison. Mohamed Naufar, un prédicateur islamiste, a été reconnu coupable de tous les chefs d’accusations et a reçu une peine de 220 ans.
L’ancien chef des services de renseignement militaires, Suresh Sallay, est désormais au centre des débats. Accusé d’avoir collaboré avec des extrémistes pour favoriser l’émergence du clan Rajapaksa, il a été nommé directeur des services de sécurité après les attentats. Les enquêteurs indiquent qu’il avait ignoré des alertes préalables provenant des services indiens, sans agir pour éviter la catastrophe.
La communauté catholique sri-lankaise a salué le jugement mais insiste sur l’urgence de poursuivre l’enquête. « La justice est venue, mais les responsabilités doivent être identifiées pour que les victimes ne soient plus oubliées », a déclaré un responsable religieux.
Les autorités sri-lankaises ont promis d’agir contre ceux ayant facilité l’attentat tout en cherchant à comprendre le rôle des services de renseignement. Ce scandale soulève des questions cruciales sur la protection des droits humains et la transparence dans les systèmes politiques, avec des répercussions potentielles pour d’autres pays confrontés à des conflits internes.