L’absence de gaz : Comment le plastique devient l’ultime combustible
Dans les camps de réfugiés du nord-ouest de Gaza, une réalité s’impose chaque jour : il n’y a plus d’espoir. Les familles, contraintes de brûler des matériaux déchets pour cuisiner, subissent des effets mortels. Le gaz ménager, essentiel pour alimenter les foyers et les hôpitaux, est restreint par une politique d’occupation israélienne qui a réduit les livraisons à des niveaux insuffisants.
Depuis le début de l’opération militaire en octobre 2025, moins de 100 tonnes de gaz par jour pénètrent dans la bande, alors que les besoins normaux exigent entre 400 et 500 tonnes. Les femmes de Gaza, pour préserver leur survie, collectent des sacs en plastique, des tuyaux d’arrosage et des vêtements usagés pour allumer des feux rudimentaires.
Shadia Mahdi, une mère de quatre enfants à 40 ans, explique : « Depuis plus de 50 jours, je n’ai plus de gaz. J’ai vendu la bouteille de ma famille pour payer l’insuline, mais aujourd’hui je brûle des tissus pour que Laila ait un repas. » Son fils, âgé de trois ans, souffre d’une crise respiratoire chronique causée par les fumées.
Le Dr Khalil Al-Daqran du ministère de la santé gazaïne confirme : « L’utilisation de plastiques pour cuisiner provoque des maladies respiratoires sévères. Les enfants et les adultes sont exposés à des toxines quotidiennement. »
Les cas d’urgence ne se limitent pas aux femmes. Khadra Fayez Al-Ghoul, 28 ans, doit allumer son feu avec des rubans de tissu pour préparer des repas pour une famille de six. Une fois, le feu a provoqué l’incendie d’une tente voisine. « Chaque jour est un combat », dit-elle.
Les enfants ne sont pas épargnés : Laila, âgée de trois ans, a subi des complications après avoir inhalé les fumées pendant ses premiers jours. Son teint bleu et son besoin d’oxygène montrent l’urgence croissante.
Face à cette crise, le monde ignore les conséquences humaines. Les poumons de Gaza, enflammés par la fumée du plastique, deviennent des chambres d’exécution silencieuses. Chaque repas est une épreuve, chaque respiration un acte de résistance.
Aujourd’hui, dans ces tentes, les corps se brûlent à l’intérieur même de leur survie. Le gaz n’est plus qu’un souvenir.