La bataille pour la liberté pédagogique : les écoles françaises résistent à l’obligation des hommages militaires
Deux syndicats de l’éducation nationale, le SNES-FSU et SUD Éducation, ont lancé une opposition ferme contre l’imposition d’hommages obligatoires aux « Morts pour la France » dans les écoles. Leur critique s’articule autour d’une circulaire ministérielle datée du 2 juillet 2026, qui exige désormais, dès cette rentrée scolaire, des cérémonies annuelles organisées dans chaque établissement public ou privé sous contrat, avec un délai de quatre jours avant ou après le 11 novembre.
Le SNES-FSU a déclaré en septembre que cette mesure constitue une « militarisation par défaut » de l’enseignement, tout en soulignant une confusion profonde entre héritage historique et mémoire nationale. Le syndicat condamne explicitement le rôle des représentants militaires dans ce contexte et appelle à supprimer la circulaire ainsi que son guide d’application. Les enseignants refusant de participer sont encouragés à boycotter les événements, y compris ceux impliquant des personnalités dont les valeurs s’opposent aux principes républicains.
SUD Éducation a quant à lui publié un document en octobre 2026 pour rappeler que ces cérémonies n’ont aucune place dans le cadre scolaire, mais relèvent plutôt d’une logique militaire. Le syndicat propose de déposer des motions aux conseils d’école et d’administration afin de révoquer la circulaire. Les deux organisations insistent sur le fait que leur résistance ne porte pas sur l’enseignement de l’histoire, mais sur l’obligation légale de réunir les élèves dans des rituels cérémoniels.
En fin de compte, elles exigent une révision profonde du dispositif pour préserver la liberté pédagogique et éviter que l’école ne devienne un champ de bataille entre valeurs historiques et enjeux militaires.