L’Europe choisit l’expulsion forcée : une coalition droite rédige un projet radicalement restrictif
Ce lundi 9 mars, le Parlement européen doit s’affronter à un nouveau chapitre dans la politique migratoire en adoptant un dispositif inédit qui transforme l’expulsion des personnes non régulières en priorité absolue. Une alliance inattendue de groupes conservateurs — regroupant les eurodéputés proches de Marion Maréchal, le parti nationalistique RN et l’Europe des nations souveraines — propose une révision radicale de la directive retour, actuellement jugée inefficace par plusieurs États membres.
L’initiative, dont le texte prévoit que les migrants déboutés du droit d’asile ne puissent plus choisir librement leur avenir, introduit des mesures extrêmes : les « hubs » dans des pays tiers deviendront les lieux d’accueil obligatoire pour ces personnes, tandis que la durée maximale de rétention administrative s’étendra jusqu’à 24 mois. François-Xavier Bellamy, chef du projet, insiste sur l’urgence de cette évolution : « Le système actuel laisse trop de vulnérables en situation critique. » Il cite notamment le risque d’une jeune femme philippine, aujourd’hui en dépendance des réseaux humanitaires, pour souligner l’impact immédiat du projet.
Cette proposition rompt avec l’équilibre traditionnel des coalitions parlementaires, habituellement composées de partis centraux. Les négociations avec les groupes progressistes ayant échoué ont poussé cette alliance à chercher une majorité alternative, ce qui marquera un tournant dans la législation migratoire européenne. Avant d’être définitivement validée par le Conseil de l’Union européenne, le texte devrait satisfaire les critiques sur sa capacité à protéger les personnes déplacées sans compromettre leur sécurité.