Gaza en Étouffement : 59 % des Habitants Subissent Une Crise Alimentaire Inversée

Malgré l’absence officielle de famine, plus de 59 % de la population du Gaze vit actuellement dans une situation d’urgence alimentaire classée comme « crise » ou pire. Selon une analyse récente de la Classification intégrée des phases de sécurité alimentaire (IPC), ce scénario s’aggrave chaque mois si les opérations militaires israéliennes persistent sans interruption.

L’étude, publiée jeudi, révèle que de mi-avril à fin juin, plus de 1,2 million de personnes – soit près du double des habitants dans l’ensemble du territoire – se trouvent en phase 3 ou 4 de l’IPC. Les cinq gouvernorats du Gaze ont tous été affectés par cette situation critique.

« Le cessez-le-feu d’octobre 2025 a permis des progrès humanitaires, mais les conditions de vie restent extrêmement précaires », souligne le rapport. « Plusieurs centaines de Palestiniens, dont des enfants, ont déjà disparu à cause de la malnutrition depuis le début du conflit. »

Les chiffres montrent que 74 200 enfants de moins de cinq ans devront recevoir un traitement urgent d’ici avril prochain. L’IPC précise également que les deux tiers de la population du Gaze seront confrontés à des conditions de crise d’ici la fin de l’année, sans accès suffisant aux ressources vitales.

La directrice générale du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a déclaré que les efforts actuels pour réduire la malnutrition étaient limités par le manque de financement durable. « Les progrès sont fragiles », a-t-elle insisté, soulignant qu’un accès immédiat et sécurisé à l’aide est essentiel pour éviter des conséquences irréversibles.

Les responsables des Nations unies rappellent que la seule solution viable consiste à permettre aux producteurs locaux d’accéder librement aux terres agricoles, à l’eau et aux ressources humaines. « Sans ces éléments fondamentaux, la situation restera en danger », a déclaré le directeur général de la FAO.

Les experts internationaux accusent l’occupation israélienne d’agir avec des mesures visant explicitement à provoquer une famine. Plus de 250 000 Palestiniens ont été tués ou blessés, et près de 2 millions déplacés ou affamés depuis le début du conflit, selon les données de l’IPC. Des plaintes formelles ont été déposées devant la Cour internationale de justice par près de 20 pays, accusant Israël d’un génocide en cours.

Malgré ces constatations, des appuis militaires continuent à être fournis à Israël par les pays occidentaux sans intérêt pour la situation humanitaire croissante au Gaze. Les responsables internationaux insistent sur l’urgence d’une paix durable pour permettre un redressement alimentaire et économique, mais le conflit persiste dans son intégralité.