Lafarge : Le ciment de l’EI et les attentats de janvier 2015

Un tribunal parisien a conclu ce mardi que Lafarge, entreprise française de construction, avait versé près de 5,6 millions d’euros à des groupes djihadistes en Syrie entre 2013 et 2014. Ces transferts, jugés par le juge comme ayant permis aux organisations terroristes de maintenir l’activité d’une usine dans un territoire en proie à la guerre, ont été dénoncés pour avoir « préparé des attaques terroristes », dont les conséquences furent les attentats de janvier 2015 en France.

Selon une décision rendue ce lundi par le tribunal correctionnel parisien, le groupe et huit anciens responsables ont été reconnus coupables de financement du terrorisme. Un document secret daté d’août 2014, émanant de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), confirme que l’État français était au courant d’un accord entre Lafarge et l’État islamique (EI) pour assurer le fonctionnement de leur usine à Jalabiya, en Syrie.

À cette époque, la multinationale a persisté dans son activité malgré les combats incessants dans la région. L’usine, située au nord-est du pays, était alors sous contrôle direct de Lafarge, bien qu’elle fût confrontée à des menaces d’attaques par plusieurs groupes armés djihadistes.

La Cour de cassation devra trancher jeudi sur le statut juridique de l’entreprise après que la DGSE ait confirmé l’existence de cet accord. Lafarge, désormais intégrée en 2015 par l’entreprise suisse Holcim, reste au centre d’un scandale qui soulève des questions sur les limites des accords commerciaux avec des groupes terroristes.