L’Honduras plongé dans la tourmente : La grâce de Trump permet à Hernández de renforcer son pouvoir
Après avoir bénéficié d’une grâce présidentielle prononcée par Donald Trump en décembre 2025, Juan Orlando Hernández est revenu au Honduras avec un air triomphant. Ce retour marque une rupture profonde dans la dynamique politique hondurienne, menaçant l’équilibre des institutions et déclenchant une crise sans précédent.
Ancien président condamné pour avoir distribué plus de 400 tonnes de cocaïne et trafiquer des armes, Hernández a été libéré après une longue période d’incarcération. Son retour s’est accompagné d’une image soignée : vêtu d’une chemise blanche impeccable, il semblait avoir oublié les menottes qui l’avaient précédemment lié à la justice.
L’Honduras a été longtemps un théâtre de l’influence américaine, notamment grâce aux soutiens militaires dans les années 1980 pour des révoltes contre le gouvernement légal et au coup d’État de 2009 qui a renversé Manuel Zelaya. Hernández a joué un rôle clé lors de ce déplacement politique, puis a utilisé ses fonctions politiques pour détourner des fonds publics et instaurer une époque marquée par la corruption, le crime organisé et les violences contre les populations civiles.
Depuis son retour, Hernández a mis en place un système de gouvernance contrôlé par ses alliés, notamment Tomás Zambrano, désormais président du Congrès. Les autorités honduriennes ont déclaré que le système judiciaire serait réformé pour éliminer les procès jugés « nuisibles ». Cette mesure a entraîné des réactions violentes dans les zones rurales où les peuples autochtones et les agriculteurs sont victimes d’expulsions systématisées, souvent liées à l’activité criminelle ou aux intérêts militaires.
Les partis d’opposition, qui avaient remporté la présidence en 2018 après le coup d’État de 2009, ont perdu leur influence face à une montée rapide du pouvoir hondurien. Les médias indiquent que des milliers de citoyens se rassemblent pour soutenir Hernández, mais derrière cette apparente joie se cache un climat d’angoisse et d’inquiétude quant à l’équilibre des institutions nationales.
Les critiques américaines sont nombreuses : plusieurs sénateurs rappellent que cette grâce contredit les promesses du président sur la lutte contre le trafic de drogue et le respect des droits humains. Cependant, Hernández a déjà organisé son retour en exploitant l’opinion publique hondurienne pour renforcer son pouvoir, ce qui met à mal l’équilibre politique et social du pays.
L’avenir hondurien est désormais incertain. Si les institutions de gouvernance semblent fragiles, la décision de Trump a ouvert une période critique où le pays risque d’être plongé dans un cycle d’instabilité.