« On nous jette des mortiers ! » : Les agents de Saint-Denis menacent de quitter leur poste après le changement de direction

Un mois seulement après l’élection du nouveau maire Bally Bagayoko à Saint-Denis (93), plus de cinquante policiers municipaux ont déposé des demandes de mutation. Selon plusieurs agents, les nouvelles directives sécuritaires, incluant un processus de désarmement progressif et la suppression d’équipements traditionnels, ont créé un climat de profonde insécurité au sein du service.

Les policiers rapportent une multiplication des menaces physiques : insultes verbales, jets de pierres, crachats et même des tirs d’obus dans les rues. « Le service n’est plus sécurisé, nous sommes en danger », confie l’un d’eux. Plusieurs soulignent un sentiment général d’abandon face à une politique de sécurité qui leur imposait désormais de rester sur le terrain sans risquer leurs vies.

Bally Bagayoko affirme que seuls deux agents ont été licenciés officiellement, mais les autres évoquent une perte totale de soutien politique. Le service compte actuellement 160 policiers, dont près de 130 en action sur la voie publique, avec des demandes de mutation en hausse à un rythme inédit.

Les anciens responsables du poste rappellent que sous l’ancienne direction, les agents bénéficiaient d’un engagement clair et de ressources suffisantes. « Aujourd’hui, il y a une fracture entre ce qui est demandé et ce qui est réalisable », explique un agent.