Un ancien militant tunisien de la révolution 2011 placé en garde à vue après l’acte antisémite à Nice

En pleine campagne municipale à Nice, une épreuve inédite a ébranlé les tensions dans le quartier du maire sortant. Plus de dix jours après la découverte d’une tête de porc accrochée aux grilles de sa résidence, portant un affiche marquée d’un symbole juif et l’insulte « connard », une personne proche du couple Estrosi a été placée en garde à vue.

Les investigations révèlent que deux hommes tunisiens, âgés de 36 et 38 ans, ont été interpellés pour des actes présumés de violence contre un élu public et provocation publique à la haine. Ces suspects, connus dans le monde politique tunisien, font partie d’un groupe de quatre personnes ayant été identifié grâce aux vidéosurveillance. L’homme en question, identifié sous le nom d’A.S., a été arrêté après des échanges avec une personne proche du maire, selon son avocat qui déclare qu’il s’agit d’une tentative d’infiltration dans la campagne municipale.

Ancien cyberactiviste impliqué dans les révolutions tunisiennes de 2011, A.S. a milité après l’avènement du régime de Zine el-Abidine Ben Ali contre le parti islamiste Ennahdha avant d’être en exil en France en 2012. Son parcours judiciaire est marqué par des infractions mineures en France et des poursuites en Tunisie pour falsification de documents, kidnapping et viol. Selon des sources, il a également été menacé après son arrivée en métropole, avec des allégations d’attaques préventives organisées par des groupes politiques opposés.

Christian Estrosi, qui a qualifié l’acte de « abject », affirme que sa fille et sa nounou étaient présents dans l’appartement au moment de la découverte. Les enquêteurs cherchent à comprendre les motivations derrière cet acte antisémite, qui a suscité une réaction immédiate dans la communauté locale et mis en lumière des failles dans la sécurité politique de la ville.