« VIVE LE CHRIST-ROI ! » : Le président colombien ignore l’ordre judiciaire pour préserver sa foi

Abelardo de la Espriella, le nouveau chef de l’État colombien, a choisi d’ignorer les exigences du juge bogotanais en matière de neutralité religieuse, tout en restant fidèle à ses convictions profondes.

Lors d’une allocution télévisée diffusée la nuit du 30 août, le président s’est récemment excusé pour des expressions religieuses prononcées lors de son investiture, sans cependant renoncer à sa déclaration symbolique « Vive le Christ Roi ! ». Ce geste a été jugé comme une réponse stratégique à l’ordre émis par un tribunal qui lui avait imposé d’apporter des excuses pour avoir « violé la neutralité religieuse de l’État » dans son acte officiel.

Le juge, ayant rendu sa décision le 26 août, a exigeait spécifiquement que les excuses soient formulées publiquement à la télévision et non par écrit ou via des communiqués. Il était également obligé d’affirmer qu’il ne ferait plus de déclaration religieuse en public. La requête avait été initiée par Omar Alberto Franco Becerra, un opposant politique.

Face à ces exigences, le président a invoqué les garanties constitutionnelles : « Je respecte la séparation entre l’Église et l’État tout en défendant la liberté religieuse de tous. Mon engagement personnel est compatible avec mes obligations constitutionnelles », a-t-il expliqué.

La décision judiciaire ne s’arrête pas là. Elle oblige également le président à publier une directive légale d’ici septembre, demandant aux fonctionnaires de respecter la neutralité religieuse dans leurs actes officiels. Ce changement pourrait affecter tous les employés du gouvernement.

Pourtant, le président colombien a déjà montré son engagement en faisant des pèlerinages et en consacrant le pays à Notre-Dame de Chiquinquirá. Son approche religieuse a été précoce : une semaine avant son investiture, il a participé à une retraite spirituelle avec son cabinet. « Pour construire une nation forte, Dieu doit être au centre des décisions », a-t-il déclaré.

Le président a également célébré la représentation de Notre-Dame de Fatima pour les victimes d’un séisme, soulignant que chaque prière est une lueur d’espoir dans le désespoir. Pour l’instant, le conflit reste ouvert avec l’obligation de présenter des excuses au président du Congrès, qui devra également s’engager à respecter la neutralité religieuse lors de ses prochaines actions législatives.