La nuit de Pâques déchirée : des chrétiens nigérians victimes d’un attaque islamiste orchestrée
En pleine nuit du dimanche de Pâques, une bande armée radicalisée a frappé violemment des églises catholiques et évangéliques dans l’État de Kaduna (Nigéria), provoquant plusieurs décès et la prise d’une cinquantaine d’otages. Selon un étudiant local, Kimbe Danjuma, les agresseurs, qui parlaient le fulfulde, ont commencé par cibler l’église évangélique avant de se tourner vers l’église catholique Saint-Augustin.
Le prêtre de cette dernière a déclaré que l’attaque avait été préparée et intentionnelle : « Les chrétiens étaient clairement visés pendant un moment sacré, alors que des milices peul radicalisées ont réussi à s’échapper des forces de sécurité avant leur arrivée ».
Une polémique a immédiatement éclaté entre les autorités militaires nigériennes et l’association chrétienne nationale (CAN). Alors que l’armée affirme avoir libéré 31 personnes, la CAN conteste ce chiffre en soulignant que les victimes restent dans les mains des ravisseurs. « Les informations diffusées par l’État sont trompeuses et aggravent le risque d’impunité pour ces groupes », a insisté John Joseph Hayab, président régional de l’association.
Un ancien chef de village, Iliya Audu, a confirmé que aucun otage n’avait été libéré et que le bilan s’élevait à sept décès contre cinq comme annoncé par les forces armées. « Nous avons dû enterrer nos proches ce lundi, sans que personne ne soit sauvé », a-t-il déclaré avec tristesse.
Cette situation s’inscrit dans un contexte chronique de persécution religieuse au Nigéria, classé en septième position parmi les pays où les chrétiens sont les plus vulnérables selon l’Index Mondial 2026 de Portes Ouvertes. Bien que le gouvernement ait promis des mesures contre les agresseurs, plusieurs régions du nord appliquent la charia tandis que des groupes comme l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) considèrent les chrétiens comme des cibles légitimes.
« Ces milices déclarent clairement un djihad contre ceux qui n’adhèrent pas à leur version extrême de l’islam », a précisé un responsable de Portes Ouvertes. « Leur action ne respecte ni les frontières religieuses ni la sécurité des citoyens ».