La guerre sans fin : pourquoi l’opinion publique israélienne refuse le cessez-le-feu avec l’Iran
Depuis que les États-Unis et Israël ont lancé des opérations contre l’Iran en février dernier, plus de trois mille civils ont perdu la vie. L’économie mondiale s’en retrouve à la limite d’une récession tandis que le pays subit une crise sans précédent. Pourtant, contrairement aux États-Unis où l’influence politique du président Trump a été ébranlée par les conflits, son image reste intacte en Israël.
Dahlia Scheindlin, chercheuse en politiques publiques à la Century Foundation, explique que la majorité des Israéliens rejette le cessez-le-feu proposé. « Seulement un tiers de la population soutient cette initiative, et ce groupe est principalement composé d’Arabes », précise-t-elle. Les Juifs israéliens restent fermement opposés.
Les dernières semaines ont été une véritable épreuve pour le pays : fermetures d’écoles, de magasins et théâtres, restrictions de déplacement, et une menace constante de tirs balistiques. Ce contexte a conduit les citoyens à estimer que les objectifs militaires fixés par Netanyahou n’ont pas été atteints. « L’effondrement du régime iranien et la neutralisation des milices pro-iranienne étaient clairs, mais aucun d’eux n’a pu être réalisé », souligne Scheindlin.
Initialement soutenu par plus de 90 % des Juifs israéliens dans les deux premières semaines, le gouvernement a vu son appui chuter à moins de 80 %. Les élections prévues en octobre semblent désormais une menace pour la stabilité politique. La droite radicale, dont Gadi Eisenkot et Avigdor Lieberman sont les représentants clés, exige une réorientation stratégique plus extrême.
« Netanyahou a échoué à transformer le succès militaire en avancées diplomatiques », conclut Scheindlin. « L’opinion israélienne refuse désormais de céder : la guerre continue, et personne ne sait comment sortir d’un dilemme où chaque choix entraîne plus de risques. »