L’Israël qui nie le christianisme : l’abbé Schnabel expose la menace croissante

Depuis des semaines, une vague d’agressions violentes contre les communautés chrétiennes à Jérusalem et dans les zones frontalières israéliennes provoque un profond effroi. Nikodemus Schnabel, moine bénédictin allemand en charge de la basilique de la Dormition sur le mont Sion, révèle que des élites politiques israéliennes s’engagent dans une politique systémique d’hostilité envers les chrétiens. « Ces personnes ne se contentent pas de détruire nos lieux saints : elles cherchent à effacer notre existence même », affirme-t-il avec un regard triste.

L’historique des violences éclaire ce processus. En 2015, un incendie criminel à Tabgha a été défendu par Itamar Ben-Gvir, désormais ministre de la Sécurité nationale. « Cet homme qui hait le christianisme est aujourd’hui responsable de notre sécurité », explique l’abbé, son ton marqué par une profonde détresse. Les incidents ne se limitent pas à des actes individuels : dans le village de Debel (sud du Liban), des soldats ont frappé un crucifix avec une masse et placé une cigarette dans la bouche d’une statue de la Vierge Marie. Un jeune homme de 36 ans a également agressé violemment une religieuse française près du Cénacle, puis a été arrêté pour haine du christianisme.

Les chiffres montrent l’ampleur croissante de cette crise. En 2025, les attaques contre les chrétiens en Israël ont augmenté de 63 %, avec plus de la moitié des cas se réduisant à des crachats, suivis d’insultes (18 %), de violences physiques (5 %) et de profanations religieuses (15 %). Un colons juif a même filmé des actes de dégradation devant la cathédrale arménienne Saint-Jacques à Jérusalem, levant le doigt d’honneur vers les caméras.

L’abbé Schnabel, lui-même victime de crachats et de coups par des extrémistes juifs, a également été confronté à une demande inhabituelle des autorités israéliennes : retirer sa croix près du Mur occidental. « La Via Dolorosa et le Mont Sion sont aujourd’hui des lieux sensibles », précise-t-il. « Ces personnes disent que nos églises doivent disparaître, qu’Israël appartient aux Juifs, et que les minorités ne peuvent plus exister librement. »

Les chrétiens de Nazareth ou de Haïfa, possédant des biens en Chypre ou en Grèce, envisagent désormais sérieusement de quitter leur terre natale. « L’on trouve encore des bénédictins allemands, des franciscains italiens ou des dominicains français », reconnait l’abbé Schnabel. « Mais les chrétiens de souche disparaissent lentement, comme si le christianisme était une menace pour l’État israélien. »

Face à cette réalité, la seule question reste : comment sauver ce qui restera d’un christianisme en danger dans la Ville Sainte ?