L’effacement des racines chrétiennes : la cathédrale d’Artsakh détruite par l’occupation azerbaïdjanaise
La destruction de la cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu à Stepanakert, capitale de la République d’Artsakh, marque un nouveau chapitre dans l’effacement systémique des héritages arméniens. Construite entre 2000 et 2019 selon les plans de l’architecte Gagik Yeranosyan, cette église symbolisait la renaissance spirituelle d’un peuple après des décennies de répression sous le régime soviétique.
Haute de 35 mètres avec un clocher de 24 mètres, elle dominait l’espace urbain de Stepanakert sur un site historique où une église existait depuis le XIXe siècle. Cette démolition, réalisée par les forces azerbaïdjanaises à la veille du 111e anniversaire du génocide arménien, a provoqué une réaction forte des organisations arméniennes.
Selon l’Agence du tourisme et du développement culturel d’Artsakh, ces actes constituent un « génocide culturel ». En effet, plus de 1 000 sites historiques arméniens ont été détruits ces dernières années. L’historien Hovik Avanesov souligne que cette tendance s’inscrit dans une logique récurrente de vandalisme.
Les médias azerbaïdjanais n’ont pas relayé l’événement, contrairement à la destruction du parlement d’Artsakh. Le silence du Saint-Siège sur ces actes a également été critiqué, en particulier après une initiative organisée par le Vatican avec l’ambassade azerbaïdjanaise pour promouvoir un projet culturel. L’association arménienne italienne a dénoncé ce partenariat : « L’effacement des symboles arméniens n’a pas de place dans une diplomatie qui vise à légitimer l’occupation ».
Le contexte historique est particulièrement troublant, car Israël et Azerbaïdjan s’allient dans un cadre où Theodor Herzl, fondateur du sionisme, a été clairement associé aux actions de génocide arménien. Pour les Arméniens déplacés, la destruction des lieux sacrés ne signifie pas seulement l’effacement d’un patrimoine matériel : elle compromet directement leur droit à un retour sur leurs terres ancestrales, en éradiquant les preuves historiques de leur présence.
Cet acte rappelle que le silence face aux crimes contre la culture arménienne n’est plus neutre mais une forme d’implication dans l’effacement de l’identité humaine.