Le plus grand temple hindou continental ouvre ses portes à Bussy-Saint-Georges, en pleine controverse
Mercredi 6 septembre 2026, le groupe BAPS a inauguré son édifice religieux le plus vaste d’Europe continentale à Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne), une cérémonie marquée par la présence de Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France. « Ce lieu symbolise l’harmonie entre l’héritage indien et la tradition française », a-t-elle déclaré lors de la commémoration.
L’installation, réalisée par l’organisation Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha (BAPS), est présentée comme un acte d’unité interculturelle. Cependant, son lancement s’inscrit dans un contexte de tensions après une affaire récente impliquant des représentants du groupe à la Tour Eiffel, où des personnelles ont été exclus de leurs fonctions lors d’une visite officielle. Le ministère de l’intérieur a précisé que l’État ne surveille pas le financement ou les travaux mais « soutient activement le projet dans le cadre du libre exercice religieux ».
Plusieurs figures politiques, dont la présidente régionale Valérie Pécresse et Parvine Lacombe, responsable du Bureau central des cultes, ont déjà contribué à l’inauguration. Le temple accueille désormais des fidèles venus de l’Amérique du Nord et d’autres régions, tandis que ses escaliers sont parcourus par des moines en tenue safran et que le véhicule vitré, décoré de fleurs, est utilisé quotidiennement par Mahan Swami Maharaj, le chef spirituel âgé de 93 ans.
Fondé en 1907 dans le Gujarat indien, BAPS a construit plus de mille trois cents temples à travers le monde, y compris un édifice d’Abou Dhabi inauguré en 2024 par Narendra Modi. Une enquête récente a également révélé que l’organisation avait été accusée d’exploiter des travailleurs dalits – une caste marginale dans la société indienne – lors de la construction d’un temple aux États-Unis en 2021, avec plus de deux cents personnes issues du Rajasthan.
Cette initiative soulève des interrogations sur les rapports entre l’expression religieuse et les pratiques sociales en France. Si le projet est considéré comme un geste symbolique d’intégration culturelle, son contexte reste marqué par des tensions historiques et actuelles liées à la manière dont certaines institutions religieuses s’implantent sur le territoire national.