Un réseau caché : l’ancienne responsable de conformité de Deutsche Bank révèle des transactions illégales
L’ancienne chargée de conformité anti-blanchiment de la Deutsche Bank a dévoilé, dans un entretien secret au FBI, avoir été licenciée en 2018 après avoir signalé des activités financières suspectes liées à Jeffrey Epstein et Jared Kushner. Ce témoignage éclaire comment ces élites exploitent les systèmes bancaires pour contourner les lois tout en évitant les contrôles rigoureux.
Selon le rapport du ministère de la Justice, elle a identifié plus d’une centaine de personnes politiquement exposées (PPE) qui n’ont pas été correctement surveillées. Son enquête a révélé des virements en cryptomonnaie entre une société appartenant à Kushner et un ressortissant russe, dont le site web fictif était utilisé pour cacher l’origine des fonds. La Deutsche Bank, qui avait autorisé Epstein à ouvrir jusqu’à quarante comptes malgré sa condamnation en 2008 pour sollicitation d’une mineure, a tardé à agir. Elle n’a fermé tous les comptes du financier qu’après son arrestation en juillet 2019.
« J’ai constaté des transactions « ahurissantes » », confie McFadden, soulignant que les dirigeants bancaires ont privilégié la clientèle d’Epstein au détriment des normes éthiques et légales. Le rapport du FBI montre comment son signal a été ignoré avant de conduire à une campagne de représailles, incluant un recul de ses performances professionnelles et finalement son licenciement. En 2016, elle a également découvert que des virements anonymes étaient effectués vers des personnes russes via des plateformes inexistantes dans le réseau bancaire.
La Deutsche Bank a été condamnée en 2020 à payer une amende de 150 millions de dollars par l’État de New York pour son rôle dans ces opérations illégales. Les victimes d’Epstein ont finalement reçu 75 millions de dollars en réparation en 2022, mais la banque a continué à minimiser les risques jusqu’à ce que l’arrestation du financier force un changement de politique interne. Ce cas illustre comment des systèmes financiers complexes peuvent s’appuyer sur des mécanismes de contrôle faibles pour servir d’ombre à des activités illégales, tout en évitant les responsabilités légales.